Derrière les fruits stars de TikTok, une machine à cash pilotée par l’IA

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Derrière les fruits stars de TikTok, une machine à cash pilotée par l'IA

Vous avez certainement entendu parler de cet étrange phénomène qui envahit TikTok. Des fruits et légumes avec des comportements humains, plongés dans des intrigues sentimentales dignes de la téléréalité, qui captent l’attention de millions d’utilisateurs.

Mais derrière ces contenus générés par IA, on retrouve une mécanique bien rodée entre des opportunités économiques, une expérimentation créative, mais aussi de nombreuses dérives…

Une téléréalité version TikTok

Tous les épisodes de "L'île de la Skibidi Tentafruit" sont disponibles sur TikTok - Source : TikTok

Difficile d’échapper à L’île de la Skibidi Tentafruit, l’un des comptes les plus populaires du moment sur les réseaux sociaux. Directement inspirée de L’Île de la tentation, cette mini-série diffusée sur TikTok met en scène des fruits dans des relations amoureuses.

Au fil des épisodes qui ne durent que quelques minutes, on peut voir une stéréotype de banane musclée, une fraise très émotive, en passant par une pastèque.

Le concept est simple mais très efficace, avec une narration rapide, beaucoup de rebondissements, et des dialogues bien pensés.

Un succès inspiré d’une tendance en Asie

Quelques images de "L'île de la Skibidi Tentafruit" - Source : TikTok

Si on sait d’ores et déjà, dans les colonnes de Libération, que les créateurs du projet veulent rester anonymes, leur projet rappelle les micro-dramas, déjà populaires en Asie.

Techniquement, la production de ces épisodes est très accessible, avec des outils d’IA qui permettent de créer à la fois des scénarios, des images et des vidéos, qu’il suffit d’assembler par la suite. Après une fine analyse du phénomène, certains créateurs de contenus parlent de seulement quelques heures de travail par épisode.

Une logique de rentabilité assumée ?

Une communication finalement retirée des réseaux sociaux - Source : TikTok

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ces vidéos ne sont pas seulement faites pour divertir. Elles répondent aussi à une logique économique qui a même attiré l’attention d’Oasis.

Aujourd’hui, de plus en plus de créateurs de contenus exploitent cette tendance pour la monétisation, grâce aux rémunérations proposées par TikTok. Certains comptes cumulent même des dizaines de millions de vues en quelques jours, avec des revenus qui vont jusqu’à plusieurs milliers d’euros par semaine.

Une opportunité d’autant plus attractive pour les créateurs qui veulent rester anonymes et qui n’ont pas besoin de s’exposer.

Des contenus viraux, mais loin d’être neutres

Si ces vidéos peuvent sembler légères au premier abord, elles posent de nombreuses préoccupations. Certains observateurs pointent du doigt la présence récurrente de stéréotypes sexistes, avec des personnages féminins hypersexualisés et des dialogues trop pauvres.

Mais au delà du fond, la forme interroge aussi, car ces contenus reposent sur des stimuli visuels et narratifs pensés pour capter l’attention automatiquement

Même si ce projet fait beaucoup parler de lui, ces fruits humanisés ne sont que la partie émergée de l’iceberg, où l’IA accélère la production de contenus, quitte à brouiller les frontières.

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