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En Autriche, les réseaux sociaux bientôt interdits pour les moins de 14 ans
L’Autriche est devenue vendredi le dernier État membre à annoncer une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 14 ans. Elle rejoint ainsi une liste qui s’allonge à une vitesse que personne n’anticipait il y a encore un an.
Une annonce politique, mais pas de loi
Alexander Pröll qui est responsable de la numérisation au sein du cabinet du chancelier Christian Stocker a confirmé qu’un projet de loi serait soumis au Parlement d’ici la fin juin. La date d’entrée en vigueur reste indéterminée. Le texte prévoit des méthodes pour vérifier l’âge. Les utilisateurs devront alors confirmer leur majorité numérique sans compromettre leur anonymat.
Le vice-chancelier Andreas Babler a déclaré lors d’une conférence qu’il ne fallait plus que ces plateformes rendent les enfants dépendants et malades. Ce n’est pas la première fois que ces réseaux sont liés à la santé publique, à l’addiction et même au préjudice physique. Les gouvernements se servent de ces arguments pour justifier une telle mesure.
L’Europe change les règles pour les réseaux sociaux
Derrière l’annonce autrichienne se dessine une dynamique d’une ampleur conséquente.
- Le Danemark a bouclé un accord sur une interdiction pour les moins de 15 ans à l’automne 2025.
- La France a adopté en janvier un projet de loi qui fixe le seuil à 15 ans. Il pourrait être applicable dès septembre.
- L’Espagne a annoncé en février une interdiction pour les moins de 16 ans.
- Le Royaume-Uni pilote actuellement un essai sur 300 adolescents pour tester différents régimes en termes de restriction.
- Le Parlement européen, lui, a adopté une résolution non contraignante en novembre qui recommande 16 ans comme seuil minimal à l’échelle de l’UE.
L’Australie avait ouvert la voie en décembre 2025 avec une interdiction pour les moins de 16 ans. C’était la première au monde. L’Indonésie a ensuite emboîté le pas. Ce qui ressemblait aux premiers abords à une expérimentation isolée dans l’hémisphère sud est devenu un véritable mouvement en un semestre seulement.
Les plateformes accusent le coup
Meta, TikTok, Snapchat et YouTube sont face à un véritable problème. Lorsqu’elles sont confrontées à un seul pays, elles réussissent à changer la donne avec des lobbys, des contre-propositions techniques et des délais. Par contre, face à sept ou huit législations nationales européennes, leur stratégie fond comme neige au soleil.
Meta a été condamné à 375 millions de dollars par un jury du Nouveau-Mexique pour mise en danger de mineurs, alors ce verdict et l’enquête européenne ouverte contre Snapchat quelques jours plus tôt ont ajouté des pressions judiciaires.

